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Coronavirus, ce qu’il faut savoir cette semaine : le vaccin en ligne de mire


Alors que le gouvernement prépare sa stratégie vaccinale, sa gestion de la crise sanitaire est jugée défaillante par une commission parlementaire.

Bonjour,

Tous les yeux sont tournés vers le vaccin contre le Covid-19 qui devrait être déployé très rapidement. Le gouvernement présente aujourd’hui sa stratégie vaccinale, qui concernera en priorité les personnes les plus vulnérables. Le Royaume-Uni a pris de l’avance en approuvant un premier vaccin disponible dès la semaine prochaine. La réussite de la campagne de vaccination en France sera d’autant plus scrutée que la gestion de la crise sanitaire est critiquée par la commission d’enquête parlementaire qui la juge «défaillante». La crise autour de la jauge imposée dans les lieux de culte est enfin résolue mais la décision de fermer les stations de ski continue de faire des vagues. Pour s’évader pendant les vacances, il est encore possible de partir à l’étranger. Suivez les conseils du Figaro.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro.


1. Des vaccins sous le sapin?

La campagne de vaccination en France devrait concerner en premier lieu les personnes les plus vulnérables. BioNTech SE 2020, all rights res / via REUTERS

Les premiers vaccins en janvier. Alors que le premier ministre doit présenter ce jeudi en fin d’après-midi la stratégie vaccinale de la France, les premiers éléments ont été dévoilés cette semaine. La Haute Autorité de Santé (HAS) a émis lundi son avis sur les publics prioritaires et sur les cinq phases progressives envisagées. Les premiers vaccinés devront être les résidents des Ehpad qui représentent un tiers des décès et les professionnels exerçant auprès d’eux. La vaccination, avec des vaccins de première génération, commencerait pour eux début 2021 a précisé Emmanuel Macron mardi. Le président de la République envisage ensuite une campagne de vaccination du grand public entre avril et juin. «Il ne s’agira pas d’une stratégie de vaccination obligatoire mais d’une stratégie de conviction et de transparence», a réaffirmé le chef de l’État. Et il faudra d’abord convaincre les soignants qui souvent rechignent à se faire vacciner contre la grippe. Particulièrement les infirmiers et les aides-soignants qui pourraient cette fois avoir peur «de jouer un rôle de cobaye», souligne un spécialiste de Santé publique. Reste encore des inconnues, notamment, le risque qu’une personne vaccinée soit encore contagieuse. Une possibilité qui nécessiterait de vacciner en nombre les personnes vulnérables.

L’Europe se prépare aussi à vacciner. Le Royaume-Uni est le premier pays occidental à disposer d’un vaccin, le Pfizer/BioNTech approuvé cliniquement et disponible dès la semaine prochaine. Mais bien d’autres pays européens sont eux aussi sur les starting-blocks. En Allemagne, où les centres de vaccination «poussent comme des champignons» selon notre correspondant, les personnels soignants seront les premiers bénéficiaires. La chancelière Angela Merkel évoque de possibles premières injections «avant Noël». Hors Europe, les États-Unis, aussi, se préparent et devraient commencer les vaccinations contre le Covid-19 avant la fin de l’année avec des autorisations attendues pour les vaccins de Pfizer et Moderna les 10 et 17 décembre. Le pays compte aujourd’hui plus de 100.000 personnes hospitalisées. La course au vaccin est une bataille planétaire que le service infographie du Figaro a choisi d’éclairer en faisant le point sur les laboratoires les plus avancés parmi les 48 candidats vaccins en phase d’essais cliniques recensés par l’OMS. Enfin, l’arrivée plus précoce qu’attendue des vaccins devrait entraîner un rebond de l’économie mondiale selon l’OCDE. Après un choc massif en 2020, l’OCDE prévoit une reprise du PIB de 4% l’an prochain.

2. Un pilotage défaillant de la crise dénoncé

Éric Ciotti, rapporteur général de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire, dénonce un pilotage défaillant. Jean-Christophe Marmara / Le Figaro

La gestion de la crise sanitaire contestée. La commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale a dénoncé mercredi un «pilotage défaillant de la crise» du Covid-19 par le gouvernement. Alors que le rapport doit être publié dans cinq jours, Éric Ciotti, le rapporteur général, en dévoile au Figaro les points forts. Selon le député LR des Alpes-Maritimes, il y a bien eu «défaillance». Notamment dans la fourniture des masques au début de la crise mais plus généralement dans la gestion de «l’ensemble des stocks stratégiques» depuis plusieurs années. Il pointe aussi «les lenteurs administratives et le poids de la bureaucratie» qui ont retardé la mise en oeuvre des tests, mais aussi les manquements dans la gestion des Ehpad et du système hospitalier. Mais la France n’est pas la seule pointée du doigt cette semaine. La Chine est, elle, accusée d’avoir minimisé l’ampleur de l’épidémie. Selon un rapport confidentiel provenant du Centre de contrôle et de prévention des maladies du Hubei et révélé par la chaîne américaine CNN, les chiffres ont été sous-évalués. Sont mis en cause, un système de remontée des informations dysfonctionnel, «un instinct récurrent poussant à supprimer les mauvaises nouvelles» et une volonté de dissimuler l’impréparation des organismes de soins de santé locaux.

Objectivement, les rassemblements familiaux intergénérationnels représentent un risque. Mais nous sommes encore incapables de le quantifier.

Simon Cauchemez, épidémiologiste à l’Institut Pasteur.

L’épidémie continue sa décrue et ne devrait pas repartir sauf, si…Enfin une bonne note. Selon l’Institut Pasteur, l’allègement entamé le 28 novembre avec la réouverture des commerces ne devrait pas faire repartir l’épidémie. Au rythme actuel, nous devrions passer sous la barre des 5000 cas par jour d’ici le 15 décembre mais il reste des incertitudes qui interdisent de se projeter sur les fêtes de fin d’année. «Objectivement, les rassemblements familiaux intergénérationnels représentent un risque, analyse un scientifique. Mais nous sommes encore incapables de le quantifier», affirme Simon Cauchemez, épidémiologiste à l’Institut Pasteur. Ces dernières 24 heures, 14.064 nouveaux cas de Covid-19 ont été détectés et 313 personnes sont décédées. Le nombre de malades hospitalisés, 27.013 patients dont 3488 en réanimation, poursuit sa baisse. Le gouvernement envisage de mener prochainement des tests massifs dans trois métropoles, Saint-Etienne, Le Havre et probablement Lille. «On va essayer» avant les fêtes, a précisé Jean Castex, en prévenant que l’opération se ferait «sur la base du volontariat». Une stratégie soutenue par des épidémiologistes mais qui soulèvent quelques questions notamment celui de l’isolement après un test positif.

3. Les Français privés de ski à Noël mais pas de messe

Les stations de ski fermées à Noël ont saisi le Conseil d’État. FABRICE COFFRINI / AFP

Y aura-t-il de la neige à Noël ? Il sera bien difficile aux aficionados des pistes de chausser des skis à Noël. Après la fermeture des stations françaises, le gouvernement veut dissuader les Français de se rendre dans les stations suisses ou espagnoles et de s’y contaminer en instaurant une quarantaine à leur retour. La date d’ouverture des remontées mécaniques ne sera dévoilée que mi-décembre mais déjà les petites stations familiales espèrent tirer leur épingle du jeu en diversifiant leur offre. «Nous sommes en mesure d’offrir aux touristes l’apaisement, le calme et l’espace dont ils ont tant besoin pour se ressourcer, même sans le ski», promettent certaines. Pour ceux qui voudraient partir plus loin, le service voyage du Figaro propose une carte des pays où les Français peuvent voyager à Noël avec un point régulièrement mis à jour sur toutes les règles et restrictions. Mais pour les Français de l’étranger qui envisageaient de retrouver leur famille pour les fêtes, l’incertitude règne encore trop souvent avec la crainte de ne pouvoir rentrer chez eux après leur séjour en France.

30 fidèles et plus dans les lieux de cultes. Les évêques français ont obtenu dimanche la suspension de la jauge de 30 personnes qui leur était imposée lors des cérémonies religieuses. C’est «la fin d’une discrimination» pour de nombreux croyants. Mercredi, un accord a été trouvé. Deux sièges devront rester libres entre chaque personne ou entité familiale et seule une rangée sur deux sera occupée avec une possible évolution après la date du 15 décembre. L’incompréhension était d’autant plus forte que les lieux de culte ne semblent pas présenter, selon les études, un risque de contamination particulier. Ce bras de fer à l’issue heureuse pourrait inspirer les présidents d’université qui ne comprennent toujours pas pourquoi les étudiants restent, eux, privés de lieux d’enseignement jusqu’en février, et ce depuis presque un an.

4. Confinement, mode d’emploi

Entré en vigueur le 30 octobre, le confinement est en cours jusqu’au 15 décembre. À partir du 28 novembre cependant, le dispositif est allégé avec l’ouverture notamment des commerces non essentiels, des services à domicile et la reprise des cultes. L’attestation de sortie est toujours obligatoire.

Ce qui est permis (à partir du 28 novembre) :

  • Sortir de son domicile pour accompagner les enfants à l’école, se rendre à son travail, à une convocation judiciaire, un rendez-vous médical, une mission d’intérêt général, pour effectuer des achats, pour motif familial impérieux, aide à une personne précaire ou fragile, exercice physique dans un rayon de 20 km et pour 3 heures. Des attestions sont pour cela à présenter sous peine d’une amende de 135 euros.
  • Les déménagements
  • La pratique du sport professionnel
  • Les visites dans les Ehpad
  • Les activités extra-scolaires en plein air
  • Les cérémonies religieuses dans la limite de 30 personnes

Ce qui est interdit :

  • Les rassemblements entre amis, les retrouvailles familiales.
  • Les déplacements entre les régions et les voyages en Europe, excepté pour les motifs déjà listés. Les frontières hors UE sont toujours fermées.

5. Les réflexes à conserver

Quelques gestes simples permettent de limiter la propagation du virus. Les voici :

  • Se laver les mains toutes les heures ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Éviter de se faire la bise ou de se serrer la main
  • Porter un masque dans les espaces publics quand le respect des distances physiques n’est pas garanti.

Le Covid-19 se transmet par les gouttelettes (les sécrétions respiratoires), par contact rapproché avec une personne infectée, notamment lorsque celle-ci tousse ou éternue. Mais il peut aussi se transmettre par l’air. Le virus reste également viable quelques heures sur différentes surfaces.

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes. Dans 9 cas sur 10, cela se traduit par une fièvre inférieure à 39°C. D’après l’Organisation mondiale de la santé, cette fièvre est le plus souvent accompagnée d’un état de fatigue, de signes d’essoufflement et d’une toux sèche. Souvent d’une perte d’odorat et de goût.

6. Que faire en cas de symptômes ?

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer.

Si le test est positif, la Caisse primaire d’assurance maladie contactera les personnes susceptibles d’être contaminées. Vous devez alors rester isolé au minimum 8 jours en prenant soin de ne pas contaminer vos proches. Surveillez votre santé. En cas de fièvre, prenez du paracétamol. Prévoyez éventuellement une télé consultation de suivi avec votre médecin. Si vous sentez poindre une difficulté respiratoire, appelez le 15.

Si le test est négatif, contactez votre médecin et respectez ses consignes.

À la semaine prochaine.

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