Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine: dans l’attente du pic de la vague


Alors que le nombre de cas continue d’augmenter, la fin de l’épidémie est pourtant envisagée.

Bonjour,

Le pic de la cinquième vague se fait attendre mais les experts semblent confiants. L’extrême contagiosité d’Omicron et de son petit frère, le BA-2, et la large vaccination de la population laissent espérer pour bientôt une immunité collective suffisante pour un retour à la vie normale. C’est le pari du Danemark comme de l’Angleterre. En France, les signaux sont discordants: le calendrier de levée des restrictions a été annoncé quelques jours avant l’entrée en vigueur du passe vaccinal. Ce dernier devra être limité dans le temps a insisté le Conseil constitutionnel. Enfin, le traitement antiviral Paxlovid de Pfizer arrive en France, mais attention, son utilisation est limitée.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro


1. L’embellie pour le printemps?

Avec 60% de la population contaminée d’ici le printemps, l’OMS estime «plausible» une fin de pandémie en Europe. GONZALO FUENTES / REUTERS

Dernière vague? 400.000, 500.000, le nombre de cas explose tous les records. Avec son extrême contagiosité, le variant Omicron pourrait toucher 60% de la population européenne d’ici le printemps et relance l’espoir d’une immunité collective. D’autant qu’un sous-variant d’Omicron, nommé BA-2, est apparu, notamment au Danemark, et semble plus transmissible encore sans être plus dangereux. Alors que nous réservent les prochains mois? Les scientifiques, qui se sont exprimés ces derniers jours, rivalisent… d’incertitude. L’OMS estime «plausible» une fin de pandémie en Europe mais des experts s’inquiètent du laisser-aller favorisé par ces prédictions rassurantes. En tout état de cause, et alors que le nombre d’hospitalisés a de nouveau franchi la barre des 30.000 patients, la pression sur l’hôpital devrait perdurer jusqu’à la mi-mars estime le professeur Delfraissy, président du Conseil scientifique. Et cela même si les chiffres d’hospitalisation semblent surestimés avec la prise en compte de malades hospitalisés avec le Covid et non en raison du Covid. Cette part des patients jusqu’ici marginale a fortement augmenté depuis l’arrivée d’Omicron. Ces patients positifs mais hospitalisés pour une autre pathologie représentent désormais 25% de l’ensemble des personnes comptabilisées.

Les chiffres à retenir en France

  • 3712 malades en soins critiques (-29 depuis la veille)
  • 30.624 patients hospitalisés (+435 depuis la veille)
  • 428.008 nouveaux cas détectés en 24 heures (contre 436.167 mercredi dernier)
  • 258 décès en 24 heures à l’hôpital (129.747 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 26 janvier

Absentéisme. Avec la multiplication des arrêts de travail, Omicron toutefois désorganise la vie économique. Le regain épidémique oblige les sociétés à jongler avec un absentéisme qui atteint le double, et parfois le quintuple du taux habituel de 5%, rapporte le service économique du Figaro. Les ressources humaines doivent s’efforcent de maintenir la continuité du service dans les banques, les télécoms, l’énergie, la grande distribution ou les transports. «Tous les matins, je me réveille en me demandant qui va pouvoir venir travailler, explique la gérante d’un hôtel. En l’absence de mes deux employées, c’est moi qui devrai cumuler les emplois.» Par ailleurs, le gouvernement a débloqué une aide exceptionnelle pour les indépendants dont l’activité est pénalisée par la cinquième vague du Covid.

2. Le passe s’installe

Le passe vaccinal est entré en vigueur le 24 janvier. ERIC GAILLARD / REUTERS

Le passe validé. À rebours d’un certain optimisme qui s’installe dans l’opinion, le passe vaccinal est entré en vigueur en début de semaine. Mais pour combien de temps? Les Sages qui ont validé son principe vendredi dernier, ont exigé dans leur avis qu’il soit «mis fin» au passe vaccinal «sans délai» lorsqu’il «ne sera plus nécessaire» avant la date butoir du 31 juillet. Gabriel Attal a commencé hier à détailler les conditions requises pour la levée du passe vaccinal. La situation hospitalière sera «juge de paix», a-t-il précisé. Il faudra «un retour à une forme de normalité» à l’hôpital et la fin des déprogrammations d’opérations pour envisager la fin du dispositif. En attendant, attention à la date du 15 février où le délai pour effectuer la dose de rappel sera ramené à quatre mois maximum après la dernière injection ou contamination. Selon Olivier Véran, neuf millions de personnes pourraient perdre leur passe si elles ne prennent pas rendez-vous d’ici-là.

Les restrictions levées. Si le calendrier de levée du passe vaccinal n’est pas connu, celui de la fin progressive des restrictions a été annoncé jeudi dernier : le 2 février pour la fin du masque en extérieur et des trois jours de télétravail, et le 16 février pour la réouverture des discothèques et l’allégement du protocole dans les bars et les transports. Des annonces diversement accueillies par les scientifiques. «Il faudrait mieux patienter quelques semaines, que tout redescende et que la reprise de contrôle soit vraiment assurée», estime ainsi Antoine Flahault. En revanche, à l’école, pas de modification du protocole sanitaire avant les vacances de février, a précisé hier mercredi le ministre de l’Éducation nationale. D’autres pays prennent de l’avance sur nous: l’Angleterre entame ce jeudi un retour à la vie normale tandis que le Danemark compte lever ses restrictions le 1er février malgré un nombre record de contaminations.

3. Un vaccin mais aussi un traitement

Un camion de vaccination de la Croix-Rouge vient à la rencontre des habitants dans les zones rurales. Le Figaro

Campagne vaccinale. Alors que 78% de la population est désormais vaccinée, la vaccination des enfants peine à démarrer. Pour faciliter la procédure, l’accord d’un seul parent est de nouveau suffisant pour les 5-11 ans. Au 9 janvier, moins de 3% des 5-11 ans atteints au moins d’une comorbidité avaient reçu une première dose quand moins de 5% de l’ensemble de cette classe d’âge l’étaient. Quant aux personnes isolées qui n’auraient pas accès à un centre de vaccination, des moyens sont mis en action pour aller au plus près d’eux. Le Figaro a ainsi suivi un camion de la Croix-Rouge qui sillonne la région rennaise. Leur record? Un homme de 101 ans, pour une première vaccination. Œuvre utile alors qu’une étude américaine confirme l’efficacité des vaccins contre les formes graves dues à Omicron. Les hospitalisations seraient évitées à 81% après une double injection et à 90% 14 jours ou plus après la troisième. En revanche, l’efficacité contre les infections a chuté à 68%.

Les chiffres à retenir

  • 53,9 millions de personnes ont reçu une première dose (79,9% de la population).
  • 52,6 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (78% de la population).
  • 34,5 millions de doses de rappel administrées.

Source : Ministère de la Santé au 26 janvier

Traitement. L’autre outil de lutte contre l’épidémie est le traitement antiviral Paxlovid de Pfizer autorisé par la Haute autorité de santé (HAS) vendredi dernier. Un médicament avant tout destiné aux populations à risque, notamment les personnes immunodéprimées, administré par voie orale et à prendre très tôt après le diagnostic positif au Covid-19. Malgré ses bons résultats, ce n’est toutefois pas une pilule miracle. Elle présente de nombreuses limites. Elle serait contre-indiquée chez les personnes souffrant d’une insuffisance hépatique ou rénale sévère et chez les femmes enceintes. Elle pourrait aussi être incompatible avec certains traitements en cours.

4. La citation

Dans l’intérim il y a de tout. Il y a d’excellents médecins et des gens qui ne sont là que pour se remplir les poches. Notre système médical ne peut pas s’appuyer que sur des intérimaires.

Dr Laurent Maillard, chef du service des urgences de l’hôpital intercommunal de Marmande (Lot-et-Garonne)

Intérim à gogo. Faute de trouver des médecins titulaires, certains hôpitaux ne fonctionnent désormais plus qu’avec des intérimaires payés au prix fort. Un phénomène installé depuis des années contre lequel le gouvernement veut lutter. Mais la crise du Covid a reporté l’application d’une loi plafonnant la rémunération de ces médecins qu’Olivier Véran qualifie de «mercenaires». Dans une longue enquête, Cécile Thibert du service Sciences du Figaro, explore les raisons et les répercussions de cette lente dérive. Bon à savoir: aucun des titulaires interrogés ne jette la pierre à ces médecins qui ont fait ce choix. «Avec 4 ou 5 gardes dans le mois, vous avez le salaire d’un médecin qui a travaillé à temps complet, la charge d’organisation du service et de suivi des patients en moins. Certains ne voient plus de raison de rester dans le service public», souligne l’un d’entre eux.

5. Calendrier, passe et masques

Calendrier. Le 20 janvier, le gouvernement a annoncé un calendrier de levée progressive des restrictions. 2 février: fin du télétravail obligatoire, des jauges et du port du masque en extérieur. 16 février: réouverture des discothèques et protocole allégé dans les bars, stades, cinémas et transports.

Passe vaccinal. Depuis le 24 janvier, le passe vaccinal est exigé des personnes de plus de 16 ans pour se rendre dans les lieux de loisirs, les restaurants et débits de boissons (à l’exception de la restauration collective), les foires, séminaires et salons professionnels et les transports publics interrégionaux (avions, trains, cars) sauf motif impérieux. Le passe sanitaire reste valable pour les mineurs de 12 à 15 ans et pour l’accès aux établissements de santé et services médico-sociaux. Le passe vaccinal est activé par la preuve d’une vaccination complète ou un certificat de rétablissement stocké dans l’application TousAntiCovid ou en format papier.

Le port du masque est obligatoire dans les lieux clos soumis au passe vaccinal et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Depuis le 3 janvier, cette obligation concerne les enfants à partir de 6 ans et non plus 11 ans. Le masque est obligatoire dans les écoles primaires à l’extérieur comme à l’intérieur.

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet 2021, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

6. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

7. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste le plus souvent par la toux, la fièvre ou la sensation de fièvre, la perte de l’odorat et du goût, la fatigue. Si après quelques jours, vous avez du mal à respirer ou êtes essoufflé, il faut contacter le 15. Les symptômes seraient plus légers avec le variant Omicron, s’apparentant à ceux d’un rhume: maux de gorge, maux de tête, écoulement nasal.

En cas signes de la maladie, le plus important est de se faire tester. Le test, PCR ou antigénique, reste gratuit pour les non vaccinés sur prescription médicale ou après avoir été identifié comme cas contact par l’Assurance maladie. En cas de résultat positif sur un autotest, un test PCR de confirmation est recommandé. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 7 jours à compter des premiers symptômes pour les personnes vaccinées, 10 jours pour les personnes non vaccinées. Il peut être rompu à respectivement J+5 ou J+7, si on dispose d’un test négatif et que l’on n’a pas de symptômes depuis 48 heures.

À la semaine prochaine.

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