Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine : du bon sens pour sauver Noël


Le gouvernement mise sur la responsabilité des Français et la troisième dose pour contenir l’épidémie.

Bonjour,

Que va nous apporter le Père Noël cette année? Un peu de «bon sens» tout simplement espère le professeur Delfraissy. Respecter les gestes barrières, se faire tester, réduire les contacts, se faire vacciner d’une troisième dose devraient, selon le président du Conseil scientifique, nous permettre de profiter des fêtes de fin d’année malgré la cinquième vague de l’épidémie. Le gouvernement lui aussi mise sur la responsabilité des Français et choisit de ne les priver «que» des pistes de danse. C’est déjà trop évidemment pour les propriétaires d’une discothèque. Bercy doit ressortir du tiroir, où il était bien rangé, le carnet de chèques pour venir au secours des acteurs de l’événementiel. Et le variant Omicron qui affolait le monde la semaine dernière? Il ne provoquerait pas de forme plus grave de la maladie croit-on savoir mais sa résistance au vaccin est encore en question.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro


1. Sauver Noël

Les gestes barrières et un peu de «bon sens» pourraient sauver les fêtes de Noël. STEPHANE MAHE / REUTERS

Le bon sens sous le sapin… «Les fêtes pourront avoir lieu, mais il faut probablement les entourer», en limitant le nombre de convives, en se faisant tester et en restreignant les contacts avant Noël, a conseillé le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, mercredi lors d’une audition au Sénat. Ce n’est que du «bon sens» et un peu d’«effort personnel». Le gouvernement est sur la même ligne. Après un Conseil de défense lundi, le premier ministre a prôné la «vigilance» sans «céder à l’affolement». Quelques mesures tout de même ont été annoncées: un passage en niveau 3 du protocole sanitaire pour les écoles primaires, qui implique le port du masque en extérieur, la limitation du brassage à la cantine et des activités physiques en intérieur réduites. Le gouvernement veut également mettre l’accent sur le télétravail, «la cible étant deux à trois jours par semaine». Enfin, les efforts sont portés sur le rappel vaccinal dont la campagne doit être accélérée. Quinze millions de personnes devraient en bénéficier avant début janvier a promis Jean Castex. Pour ce faire, les pharmacies qui le souhaitent pourront ouvrir tous les dimanches en décembre et janvier.

…et un peu de «quoi qu’il en coûte». Autre mesure, la fermeture des discothèques pour quatre semaines à partir de ce vendredi. Devant l’incompréhension exprimée par certains, le décret publié hier précise que les «activités de danse» des bars et restaurant sont également concernées. Quant aux restaurateurs et traiteurs, sans être fermés, ils subissent des annulations en cascade. C’est le cas aussi des marchés de Noël annulés les uns après les autres devant la difficulté pour les organisateurs d’assurer la sécurité des participants et la vérification des passes sanitaires. Bercy se voit contraint de ressortir le carnet de chèques et propose le retour de l’activité partielle, prise en charge à 100 %, et l’indemnisation des coûts fixes des entreprises.

2. Où en est l’épidémie?

Taux d’incidence hebdomadaire du Covid-19 pour 100.000 personnes. Moyenne glissante sur 7 jours. Fig Data

Chasse au pic. Approchons-nous du pic de la cinquième vague? C’est ce qu’a laissé entendre mardi Gabriel Attal le porte-parole du gouvernement en évoquant «le début d’un ralentissement de la progression de l’épidémie». Les chiffres restent toutefois au plus haut avec mercredi plus de 61.000 contaminations. «Si on réduit nos contacts, le pic des hospitalisations peut être prévu début janvier et donc le pic de contaminations à la mi-décembre ou au moment de Noël», analyse pour Le Figaro l’épidémiologiste et biostatisticien Jonathan Roux. Malgré tout, l’hôpital pourra-t-il tenir alors que de nombreuses régions, dont l’Ile-de-France hier soir, ont déclenché le plan blanc? Les services de réanimation, sans être saturés comme en 2020, sont déjà remplis assurent les médecins interrogés par Le Figaro . La situation est habituelle à cette période de l’année, mais le manque d’effectifs plus criants encore après les premières vagues de Covid risque de rendre plus difficile encore la période des fêtes.

Les chiffres à retenir en France

  • 2426 malades en soins critiques (+75 depuis la veille)
  • 13.044 patients hospitalisés (+330 depuis la veille)
  • 61.340 nouveaux cas détectés en 24 heures (contre 49.610 mercredi dernier)
  • 133 décès en 24 heures à l’hôpital et en Ehpad et EMS (120.032 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 8 décembre

Quid d’Omicron? Toutes les prévisions sont cependant suspendues à l’évolution du variant Omicron. Dimanche, 25 cas confirmés d’infection par le variant avaient été rapportés en France. Anthony Fauci se veut rassurant. L’éminent scientifique, qui coordonne la stratégie de lutte contre le Covid des États-Unis, a déclaré mardi à l’AFP qu’il est «quasiment certain» que le variant Omicron ne cause pas de cas plus graves de Covid-19 que Delta. Il faut toutefois attendre deux semaines pour le vérifier tout à fait. Les données venant d’Afrique du Sud ne doivent pas être surinterprétées, a-t-il averti tout en concédant que le nouveau variant est hautement transmissible. En Afrique du Sud justement, le nombre de contaminations s’envole avec 11.125 nouveaux cas quotidiens. Mais à l’hôpital de Tshwane, à l’épicentre de l’épidémie, peu de patients ont eu besoin d’être placés sous oxygène: seulement 20% des personnes hospitalisées ont nécessité une assistance respiratoire.

3. L’efficacité du vaccin contre Omicron en question

Pfizer travaille à un sérum adapté au variant Omicron. ERIC GAILLARD / REUTERS

Résistance? L’interrogation principale posée par Omicron est sa résistance au vaccin. Si l’OMS affirme qu’il n’y a «aucune raison de douter» des vaccins actuels contre Omicron, le cofondateur de la compagnie BioNTech a, lui, rejoint le PDG de Moderna dans son analyse et convenu que le nouveau variant «a de fortes chances d’échapper aux défenses du système immunitaire». Tout n’est pas perdu pour autant car la baisse des niveaux d’anticorps chez les vaccinés ne se traduira pas forcément par une perte d’efficacité des vaccins pour éviter les cas graves. D’autant que la dose de rappel devrait se traduire par une amélioration de l’efficacité vaccinale, selon les experts.

Une 4e dose? «Une troisième dose fournit un niveau d’anticorps neutralisants contre Omicron similaire à celui observé après deux doses» pour les autres variants, a, de son côté, affirmé le laboratoire Pfizer/BioNTech. Ce dernier travaille toutefois à la mise au point d’un sérum adapté à Omicron attendu pour le mois de mars. «J’entends parfois que la vaccination contre le Covid, ce sont deux injections plus un rappel. […] Je ne sais pas», a d’ailleurs reconnu Jean-François Delfraissy devant les sénateurs. «Peut-être qu’il en faudra une quatrième», a-t-il ajouté. En attendant, le médecin encourage les Français à effectuer leur dose de rappel et si possible, pour les plus de 30 ans, avec le sérum de Moderna. «Si on n’utilise que Pfizer, on n’aura pas suffisamment de doses car les commandes sont parties», a-t-il mis en garde. «Ces vaccins sont interchangeables dans les stratégies vaccinales à travers le monde, c’est le même mécanisme, le même niveau d’efficacité et de sécurité», assure au Figaro Pierre Parneix, médecin hygiéniste et de santé publique au CHU de Bordeaux.

Les chiffres à retenir en France

  • 52,2 millions de personnes ont reçu une première dose (77,4 % de la population).
  • 51,1 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (75,8% de la population).
  • 12,3 millions de doses de rappel administrées.

Source : Ministère de la Santé au 8 décembre

4. Et ailleurs?

Contre l’épidémie de Covid-19, Boris Johnson s’est résolu à déclencher le «plan B» au Royaume-Uni. POOL / REUTERS

Royaume-Uni. Boris Johnson déclenche le «plan B». Le premier ministre a annoncé mercredi un durcissement des restrictions, dont le retour au télétravail dès lundi et l’introduction du passeport vaccinal pour certains grands rassemblements. Johnson a déclaré que le variant Omicron se propageait plus vite que prévu et «beaucoup plus rapidement que le variant Delta précédent».

Autriche. Pour la deuxième année consécutive, le grand bal de l’Opéra de Vienne est annulé. Le grand rendez-vous mondain se tenir le 24 février prochain. «Le bal de l’Opéra est par excellence le genre d’événement pour lesquels la limitation des contacts est impossible», a justifié la secrétaire d’État écologiste à la Culture Andrea Mayer. L’Autriche doit sortir progressivement du confinement dimanche.

Espagne. Les autorités sanitaires espagnoles ont autorisé mardi la vaccination contre le Covid-19 des enfants de 5 à 11 ans à partir du 15 décembre. «À l’heure actuelle, les enfants de moins de 12 ans constituent le groupe d’âge avec l’incidence cumulée la plus élevée de cas de Covid-19», rappelle le ministère de la Santé.

États-Unis. Les autorités américaines ont prié lundi leurs ressortissants d’éviter de se rendre dans une dizaine de pays dont la France et le Portugal. Le Portugal, qui affiche le taux de couverture vaccinale le plus élevé d’Europe (87% de la population totale), avait rétabli dès la semaine dernière des mesures de contrôle de l’épidémie (port du masque, passe sanitaire), tout en lançant une nouvelle campagne de vaccination à marche forcée.

5. Passe et masques

Passe sanitaire. Le passe sanitaire est exigé pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes (cinéma, théâtre, concerts, festivals, etc.). De même pour les restaurants, les bars, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les trains, les cars et les avions, les maisons de retraite et établissements médicaux. Les lieux de culte ne sont pas concernés. Il est obligatoire pour se rendre dans les centres commerciaux de plus de 20.000 m², si le taux d’incidence du département est supérieur à 200. Depuis le 30 septembre, les jeunes de 12 à 17 ans y sont également soumis. Pour rappel, le passe sanitaire n’est pas un certificat de vaccination. Pour qu’il soit valide, il faut être soit totalement vacciné (avec une dose de rappel au maximum sept mois après la dernière injection à partir du 15 janvier, 15 décembre pour les plus de 65 ans), soit présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 24 heures ou une preuve de guérison (un test positif) de plus de 11 jours et de moins de 6 mois. Il se présente sous la forme d’un QR code stocké dans l’application TousAntiCovid ou sous format papier.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux clos soumis au passe sanitaire et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Certaines communes ou départements ont réimposé le masque en extérieur. Depuis le 15 novembre, il est de nouveau obligatoire pour les enfants dans les écoles primaires situées dans tous les départements quel que soit le taux d’incidence et depuis le 7 décembre à l’extérieur comme à l’intérieur.

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

6. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

7. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes, le plus souvent la toux et la fièvre.

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 10 jours à compter des premiers symptômes.

À la semaine prochaine.

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