Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine : le raz-de-marée Omicron


Alors que le nombre de contaminations explose, le gouvernement veut éviter les mesures coercitives.

Bonjour,

On ne parle plus de vague mais de «raz-de-marée». Le nombre des contaminations quotidiennes a passé hier la barre des 200.000 cas positifs. Un record. Le gouvernement n’a toutefois pas décidé de priver les Français de réveillon de la Saint-Sylvestre. D’autres mesures ont cependant été prises, certaines décriées, comme le passe vaccinal, ou moquées comme l’interdiction de consommer debout. Reste que le variant Omicron pose bien des questions sur sa dangerosité ou l’efficacité du vaccin pour le contenir. À l’hôpital, la fatigue s’accumule.

Bonne lecture et à l’année prochaine,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro

1. Omicron fait exploser les compteurs

Plis de 200.000 personnes ont été testées positives en 24 heures. CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

La déferlante. Ce n’est plus une cinquième vague, ni même «une lame de fond», c’est «un raz-de-marée», expliquait hier Olivier Véran en dévoilant les nouveaux chiffres records de contaminations au Covid-19. Alors qu’Omicron devient majoritaire, 208.000 nouveaux cas ont été détectés en 24 heures. Environ 10% des Français sont aujourd’hui cas contact d’une personne ayant été testée positive. Le contact tracing est à la peine. «Nous ne pouvons plus téléphoner aux cas contact. Désormais, ils sont joints par SMS», confie ainsi le directeur d’une CPAM. À l’hôpital, les soignants, fatigués, redoutent le manque d’effectif. Pour se rassurer, ils regardent vers l’Angleterre, où «il y a une explosion des cas mais pas du système de soin», note le Pr Le Tulzo, chef du service de réanimation médicale du CHU de Rennes. Impossible toutefois d’éviter les reports de soins. De nombreuses opérations non urgentes mais qui nécessitent une réanimation sont d’ores et déjà annulées.

Un passe ou impasse ? Le ministre de la Santé était hier auditionné à l’Assemblée nationale qui entame l’examen du projet de loi sur le passe vaccinal. Une mesure pour presser les non-vaccinés indifférents plutôt que convaincre les sceptiques. Avec plus de 100 propositions d’amendements déjà déposées essentiellement par LFI et les Républicains, le débat promet d’être vif. Les principaux points de crispation ? Le contrôle d’identité par les restaurateurs et le passe imposé aux mineurs. Pour François-Xavier Bellamy, député européen LR, «le gouvernement tombe dans une contradiction désastreuse pour les libertés publiques, l’égalité en droit et l’amitié civique». Pour Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur santé, «le passe vaccinal, pas plus que la troisième (ni la quatrième ni les autres boosters) ne vont enrayer la “vague” Omicron.[…] Il est illusoire de vouloir arrêter les transmissions et aucune mesure décidée par l’Homme ne pourra éradiquer ce coronavirus».

Les chiffres à retenir en France

  • 3469 malades en soins critiques (+53 depuis la veille)
  • 17.856 patients hospitalisés (+451 depuis la veille)
  • 208.099 nouveaux cas détectés en 24 heures (contre 84.272 mercredi dernier)
  • 184 décès en 24 heures à l’hôpital (123.372 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 29 décembre

À VOIR AUSSI – Olivier Véran: Omicron est devenu un «raz-de-marée»

2. Manger assis, travailler chez soi

Le premier ministre a annoncé de nouvelles mesures contre le Covid-19 lundi 27 décembre. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le retour des restrictions. Hormis le passe vaccinal, le gouvernement, par la voix de Jean Castex lundi, a annoncé le renfort des mesures barrières. Pas de couvre-feu pour le réveillon du jour de l’an mais interdiction à partir de lundi prochain de consommer debout dans les bars et les cafés, – en réalité un moyen détourné d’imposer une jauge -, ou de se restaurer dans les transports et les lieux culturels. Des mesures qui ont suscité tant les critiques de l’opposition que les railleries des professionnels. La culture est, elle, au désespoir. Alors que les meetings politiques sont autorisés sans jauge – à la différence de LFI et du RN, LREM en appliquera tout de même -, les concerts debout sont interdits, et les salles limitées à 2000 spectateurs. Les discothèques resteront fermées pour trois semaines supplémentaires. Liberté est donnée aux préfets d’imposer le masque en extérieur. À Paris, il sera obligatoire dès vendredi.

Le télétravail à marche forcée. Alors que l’exécutif s’apprête à revoir les règles d’isolement afin d’éviter le blocage du pays, les entreprises sont fortement incitées à imposer de nouveau le télétravail. Trois jours seront même obligatoires dans la nouvelle version du protocole national pour les postes qui le permettent avec des sanctions administratives pour les entreprises récalcitrantes. Si l’annonce est plutôt bien accueillie par les syndicats, elle est mal perçue par les employeurs. Quant aux salariés, ils sont réservés. «Espérons que ce ne soit pas trop prolongé», confie l’un d’eux.

La rentrée scolaire épargnée. Pas de distanciel en revanche pour les enfants. Au grand soulagement des parents et la colère des professeurs, le premier ministre a confirmé le retour à l’école dès le 3 janvier. Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a cependant plongé l’école dans le brouillard en évoquant la possibilité d’un recours à plusieurs tests négatifs pour autoriser le retour d’un enfant à l’école après un cas positif dans une classe. A-t-il parlé trop vite ? C’est «une hypothèse de travail», précise-t-on Rue de Grenelle. À l’université, les partiels de janvier se tiendront bien en présentiel sans jauge dans les amphithéâtres. «Les établissements ont tout mis en place pour que tout se passe le mieux possible», assure la ministre Frédérique Vidal, qui annonce des «sessions de substitution» pour les étudiants positifs au Covid-19 ou cas contact au moment des examens.

3. Un test pour le réveillon

Le test, étape presque recommandée avant de fêter la Saint-Sylvestre STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La fête à tout prix ? Alors que nombre de Français, positifs au Covid-19 ou cas contact, ont été privés de repas de famille à Noël, comment aborder le réveillon du jour de l’an ? Certains voudraient le passer entre malades du Covid. Une idée dangereuse, selon les médecins interrogés par Le Figaro. «Je pense que c’est une très mauvaise idée de risquer de se réinfecter par le coronavirus lorsque l’on est déjà infecté soi-même. L’isolement sert certes à protéger la communauté mais aussi les personnes contaminées», explique Antoine Flahaut, épidémiologiste. D’autant que des risques de co-infection par deux variants, même minimes, ne sont pas à écarter. Pour les autres, non encore infectés, il faudra passer par la case test. Cela tombe bien, les autotests sont temporairement en vente en grande surface. Une solution quand les laboratoires affichent complets à quelques jours des fêtes. Ces précautions pourraient toutefois semer la zizanie entre copains vaccinés, non-vaccinés ou fraudeurs.

4. La 4e dose de vaccin sur la table

Aurons-nous besoin d’une quatrième dose de vaccin contre le Cofid-19? ERIC GAILLARD / REUTERS

Combien de doses ? Jean Castex a également annoncé lundi le raccourcissement du délai de la troisième dose. De cinq puis quatre à dorénavant trois mois. Quant à la quatrième dose, c’est une «possibilité», a-t-il poursuivi. Pour Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, la question «est sur la table» . «Le sujet est en réflexion», a-t-il déclaré mercredi mais tout se fera en fonction des études faites sur l’efficacité du vaccin ainsi que sa durée. Selon une étude britannique, l’efficacité de la troisième dose de Pfizer contre les formes symptomatiques dues au variant Omicron déclinerait à 45% dès dix semaines après l’injection. Des résultats à prendre cependant avec précaution en raison du faible nombre de patients atteints par Omicron à l’hôpital. En attendant d’en savoir plus, les prises de rendez-vous pour une première dose connaissent un léger sursaut. Aujourd’hui «91% de la population [est] primo-vaccinée», a déclaré le premier ministre au cours de sa dernière prise de parole, réaffirmant la politique du «aller-vers» tout en faisant «peser le plus possible la contrainte sur les non-vaccinés»

Les chiffres à retenir

  • 52,8 millions de personnes ont reçu une première dose (78,4% de la population).
  • 51,7 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (76,7% de la population).
  • 23,6 millions de doses de rappel administrées.

Source : Ministère de la Santé au 29 décembre

À VOIR AUSSI – Passe vaccinal: Olivier Véran détaille le projet de loi

5. Passe et masques

Passe sanitaire. Le passe sanitaire est exigé pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes (cinéma, théâtre, concerts, festivals, etc.). De même pour les restaurants, les bars, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les trains, les cars et les avions, les maisons de retraite et établissements médicaux. Les lieux de culte ne sont pas concernés. Il est obligatoire pour se rendre dans les centres commerciaux de plus de 20.000 m², si le taux d’incidence du département est supérieur à 200. Depuis le 30 septembre, les jeunes de 12 à 17 ans y sont également soumis. Pour rappel, le passe sanitaire n’est pas un certificat de vaccination. Pour qu’il soit valide, il faut être soit totalement vacciné (avec une dose de rappel au maximum sept mois après la dernière injection à partir du 15 janvier, 15 décembre pour les plus de 65 ans), soit présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 24 heures ou une preuve de guérison (un test positif) de plus de 11 jours et de moins de 6 mois. Il se présente sous la forme d’un QR code stocké dans l’application TousAntiCovid ou sous format papier.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux clos soumis au passe sanitaire et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Certaines communes ou départements ont réimposé le masque en extérieur comme à Paris à partir du 31 décembre. Depuis le 15 novembre, il est de nouveau obligatoire pour les enfants dans les écoles primaires situées dans tous les départements quel que soit le taux d’incidence et depuis le 7 décembre à l’extérieur comme à l’intérieur.

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

6. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

7. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes, le plus souvent la toux et la fièvre.

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 10 jours à compter des premiers symptômes.

À la semaine prochaine.

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