Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine : vers une troisième dose de vaccin


Les autorités de santé ont recommandé pour les soignants une dose de rappel du vaccin contre le Covid.

Bonjour,

On ne fera pas aujourd’hui mentir l’adage, «Jamais deux sans trois». La Haute Autorité de santé a recommandé hier l’administration d’une troisième dose pour les professionnels en charge des personnes fragiles tout en ouvrant la voie à une généralisation de la dose de rappel à tous les adultes. Même si l’épidémie continue sa décrue, le gouvernement ne souhaite pas baisser la garde. Petit à petit le masque tombe, notamment à l’école, mais la prolongation du passe sanitaire au-delà du 15 novembre devrait cependant faire l’objet d’un rude bras de fer notamment au Sénat. Et si la gestion de la crise sanitaire récolte des bons et des mauvais points, les perdants de l’histoire restent les jeunes, précarisés et fragilisés.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro


1. Une dose de rappel pour les soignants

La Haute Autorité de santé a recommandé mercredi une dose de rappel du vaccin Pfizer pour les professionnels en charge des personnes vulnérables. FADEL SENNA / AFP

Se vacciner encore. L’Agence européenne des médicaments a approuvé lundi l’injection d’une dose de rappel du vaccin de Pfizer/BioNTech pour les plus de 18 ans, six mois après les premières injections. Selon une étude parue mardi dans The Lancet, l’efficacité du vaccin à ARN messager contre l’infection diminue avec le temps, de 88% à 47% au bout de six mois. Il reste cependant efficace à 90% contre les risques d’hospitalisations. En France, la Haute Autorité de santé a recommandé mercredi une dose de rappel pour les professionnels en charge des personnes vulnérables et pour l’entourage des personnes immunodéprimées. Jusqu’ici, seules les personnes âgées ou présentant des comorbidités ou ayant reçu une dose unique du vaccin Janssen étaient concernées. Même s’il est encore trop tôt, la HAS souligne que l’administration d’une troisième dose pour tous les adultes «deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent». Mais, quel en serait le bénéfice? Si la troisième dose ne fait courir aucun risque supplémentaire, elle n’a que peu d’intérêt pour la population générale. «Ces vaccins, qui sont en quantité limitée, sauveront le plus de vies s’ils sont fournis aux personnes qui ont un risque important d’être atteints par une forme grave et n’ont pas encore été vaccinées», plaidaient récemment des experts de l’OMS et de la FDA dans The Lancet.

Les chiffres à retenir

  • 50,5 millions de personnes ont reçu une première dose (75,3% de la population).
  • 48,9 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (73% de la population).

Source : Direction générale de la Santé au 6 octobre

Se soigner. Le laboratoire américain MSD a publié vendredi dernier des résultats prometteurs pour son traitement anti Covid, le molnupiravir conçu initialement contre la grippe. Un comprimé prescrit pendant cinq jours, deux fois par jour, aux patients diagnostiqués pour éviter les formes graves du virus. Sans attendre l’autorisation de la FDA, l’autorité sanitaire américaine, le laboratoire a commencé la production de son médicament. En France, de nombreuses personnes, méfiantes face à la médecine traditionnelle et à l’industrie pharmaceutique, se tournent vers les médecines parallèles. Une tendance amplifiée par la crise sanitaire et qui ne va pas sans générer un business tout aussi juteux, quand elle n’ouvre pas la voie à des dérives thérapeutiques et sectaires.

2. Le passe sanitaire sera-t-il prolongé?

La possibilité de recourir au passe sanitaire devrait être étendue jusqu’au 31 juillet 2022. Richard Villalon / stock.adobe.com

Le passe sanitaire en discussion. Le projet de loi qui doit permettre de prolonger l’état d’urgence sanitaire et le recours au passe jusqu’à l’été 2022 qui sera présenté mercredi prochain en Conseil des ministres, sera au menu de l’Assemblée nationale le 19 octobre. Le texte doit être adopté avant le 15 novembre, date de fin d’application des textes sanitaires. Le gouvernement, qui veut se garder une marge de manœuvre en cas de rebond de l’épidémie, devrait aussi se heurter à l’opposition des sénateurs de droite comme de gauche. Patrick Kanner, chef de file des sénateurs PS, appelle ainsi à «s’opposer à cette mesure, ou au moins essayer de la limiter dans le temps. On ne veut pas donner un blanc-seing au gouvernement face à cette privation de libertés».

L’école sans masque. À partir de lundi prochain, 21 nouveaux départements lèveront l’obligation du port du masque à l’école. L’expérience est déjà menée cette semaine dans 47 départements où les enfants des écoles primaires ont laissé tomber le masque en intérieur comme en extérieur. Et les adultes aimeraient suivre l’exemple. Selon un sondage, 74% des salariés souhaitent l’enlever sur leur lieu de travail. Si la majorité d’entre eux se sentent rassurés, 67% sont favorables à la mise en place du passe sanitaire dans toutes les entreprises. Tant que le masque reste obligatoire, il faudrait au moins favoriser la filière française de fabrication. «C’est aux hôpitaux de commander des masques, aux régions, aux départements, aux entrepreneurs privés», a lancé Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l’Industrie, qui trouve «très choquant» que ces acteurs continuent d’acheter «massivement en Chine».

Bon point ou bonnet d’âne? La France a-t-elle bien géré la crise sanitaire et économique? Pas vraiment, répond le Conseil d’analyse économique (CAE), qui construit un «indice de sacrifice» et place la France au 26e rang sur 38 pays pour 2020. «Les pays qui ont obtenu les meilleurs résultats sont surtout ceux qui ont réussi à mener une stratégie zéro Covid, en l’éradiquant très vite», notent les auteurs de la note, Yan Algan et Daniel Cohen. Les entreprises étrangères installées en France sont moins sévères. Les trois quarts des responsables sont même satisfaits des outils mis en place par la France (PGE, chômage partiel, etc.) Ils sont désormais 73% à considérer que le pays est perçu positivement par leurs sièges mondiaux.

Où en est l’épidémie? L’épidémie continue sa décrue en France, où 34 personnes sont mortes du Covid-19 ce mercredi, selon Santé publique France.

Les chiffres à retenir

  • 1242 malades en soins critiques (-37 depuis la veille)
  • 7038 patients hospitalisés (-58 depuis la veille)
  • 4946 nouveaux cas détectés en 24 heures
  • 34 décès en 24 heures (116.957 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 6 octobre

L’origine du Covid est-elle humaine?

Une bizarrerie génétique alimente le soupçon sur l’origine du Cars-CoV-2. ktsdesign / stock.adobe.com

L’origine du Sars-CoV-2 en question(s). Une bizarrerie génétique alimente le soupçon sur l’origine du virus. La présence d’un «site de clivage à la furine» dans le génome du Sars-CoV-2, interroge les scientifiques et relance les doutes sur une fuite de laboratoire. Ce site qui confère au virus sa grande capacité à infecter les cellules humaines se retrouve dans les virus grippaux mais n’a jamais été recensé dans la famille du Sars-CoV-2. Plusieurs scénarios sont sur la table mais aucun ne peut être confirmé pour le moment sans investigations supplémentaires. «Je ne vois pas la main de l’homme quand je regarde le génome du virus, juge ainsi Simon Wain-Hobson, ancien virologue à l’Institut Pasteur. Le site de clivage a pu apparaître de manière naturelle.»

La citation

La précarité alimentaire a beaucoup été médiatisée , mais les effets de la crise sont pluriels: orientation revue à la baisse, abandon d’un projet de mobilité, insertion professionnelle parfois impossible, parcours académique durement touché, renforcement des troubles somatiques et psychologiques…

Paul Mayaux, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage)

Les jeunes victimes de la crise. Comment venir en aide aux jeunes précarisés par la crise sanitaire? Le département de la Haute-Garonne relève le défi et lance une expérimentation consistant à doter 1000 jeunes âgés de 18 à 24 ans, «représentatifs» des Haut-Garonnais de cette tranche d’âge, d’un «revenu d’existence». Pendant un an et demi, ils toucheront une somme pouvant aller jusqu’à 500 euros, dégressive en fonction des revenus du foyer fiscal de référence. «Il est temps de donner à nos jeunes les moyens d’envisager l’avenir sereinement pour que leur précarité d’aujourd’hui ne conditionne pas leur futur», a déclaré Georges Méric, le président PS du département qui espère par son exemple encourager une expérimentation nationale. L’Unicef, elle, s’inquiète de la santé mentale des jeunes. «Les conséquences de la pandémie sont considérables, et il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg. Avant même qu’elle ne survienne, bien trop d’enfants souffrant de problèmes de santé mentale n’étaient pas pris en charge», assure la directrice générale de l’agence de l’Onu en charge de l’enfance.

6. Calendrier, passe et masques

Passe sanitaire. Le passe sanitaire est exigé pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes (cinéma, théâtre, concerts, festivals, etc.). De même pour les restaurants, les bars, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les trains, les cars et les avions, les maisons de retraite et établissements médicaux. Les lieux de culte ne sont pas concernés. Il est obligatoire pour se rendre dans les centres commerciaux de plus de 20.000 m², si le taux d’incidence du département est supérieur à 200. Depuis le 30 septembre, les jeunes de 12 à 17 ans y sont également soumis. Pour rappel, le passe sanitaire n’est pas un certificat de vaccination. Pour qu’il soit valide, il faut être soit totalement vacciné depuis une semaine, soit présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures ou une preuve de guérison (un test positif) de plus de 11 jours et de moins de 6 mois. Il se présente sous la forme d’un QR code stocké dans l’application TousAntiCovid ou sous format papier.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux clos et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Certaines communes ont cet été réimposé le masque en extérieur dans certains lieux très fréquentés. Dans les lieux culturels où le passe sanitaire est exigé, il n’est pas obligatoire sauf décision contraire du gérant de l’établissement ou du préfet. Depuis le 4 octobre, il n’est plus obligatoire pour les enfants dans les écoles primaires situées dans les départements où le taux d’incidence est en deçà du seuil d’alerte (50 cas pour 100.000 habitants).

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

7. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

8. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes, le plus souvent la toux et la fièvre.

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 10 jours à compter des premiers symptômes.

À la semaine prochaine.

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