Vaccination Covid-19 : différences Pfizer, Moderna, AstraZeneca, rendez-vous, effets secondaires…


TOUT SAVOIR SUR LES VACCINS – Emmanuel Macron a précisé le calendrier de la vaccination pour les semaines à venir. Le vaccin de Johnson & Johnson sera disponible le 19 avril en Europe.

Le président de la République a précisé le calendrier à venir de la vaccination le 31 mars dans une allocution télévisée. Alors que les plus de 70 ans peuvent depuis le 27 mars prétendre à la vaccination, ce sera au tour des plus de 60 ans à partir de la mi-avril, puis des plus de 50 ans à la mi-mai. Enfin tous les Français qui souhaitent se faire vacciner pourront le faire dès la mi-juin. Quant aux salariés dits « de deuxième ligne» dont les enseignants et employés de la grande distribution, ils pourront se faire vacciner à la fin du mois d’avril. «À partir de mi-fin avril, nous allons avoir de plus en plus de vaccins qui vont arriver, cela va nous permettre d’envisager d’avoir des campagnes ciblées sur des professions qui sont exposées, à qui on demande des efforts. Les enseignants en font légitimement partie», avait annoncé le chef de l’État une semaine plus tôt.

Par ailleurs, depuis le 15 mars, les patients âgés de plus de 55 ans et présentant une comorbidité ont la possibilité de se faire vacciner sans ordonnance par leur pharmacien. Les sapeurs-pompiers, marins-pompiers et sapeurs-sauveteurs sont également mis à contribution. La liste des personnes autorisées à vacciner a été élargie le 26 mars aux dentistes et les vétérinaires. Ces derniers pourront vacciner dans les centres de vaccination, les premiers à leur cabinet ou dans les centres. Les infirmiers sont, eux, autorisés à administrer et prescrire le vaccin.

Le gouvernement français espère toujours atteindre le chiffre de 10 millions de personnes vaccinées à la mi-avril. Pour ce faire, il s’est converti à la vaccination de masse avec l’ouverture de vaccinodromes. À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le stade de France accueillera à partir du 6 avril un centre de vaccination géant capable de recevoir 2000 personnes par jour. L’armée et les pompiers vont déployer plus de 100 grands centres, a précisé le ministre de la Santé. Encore faut-il que les doses soient suffisantes. L’accélération des livraisons devrait intervenir dès avril notamment grâce à Pfizer/BioNtech qui aura livré 10 millions de doses à la France à la fin du mois. Le commissaire européen Thierry Breton se veut rassurant et affirme que l’immunité collective sera atteinte mi-juillet en Europe grâce à la livraison des 420 millions de doses nécessaires.

La France peut également compter sur un quatrième vaccin contre le Covid-19. La Haute autorité de santé (HAS) a accordé l’autorisation de mise sur le marché au vaccin de la firme américaine Johnson & Johnson le 12 mars. Il sera distribué à partir du 19 avril en Europe. Huit millions de doses sont attendues en France d’ici fin juin dont 500.000 en avril. Ce vaccin « à vecteur viral », développé par la filiale Janssen, a de nombreux atouts : à injection unique, il se conserve trois mois dans un réfrigérateur normal. Il est efficace à 66,9 % en moyenne contre les formes modérées et sévères de Covid-19, ce qui est inférieur aux résultats des vaccins à ARN comme celui de Pfizer efficace à 97 % contre les formes symptomatiques.

Enfin, c’est reparti pour la vaccination avec le sérum d’AstraZeneca en France. Mis en cause après le signalement de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées, le vaccin avait été suspendu par précaution dans une dizaine de pays européens dont la France. Le 18 mars, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu son avis et conseille l’utilisation de l’AstraZeneca tout comme l’OMS. Dans la foulée, la Haute autorité de Santé (HAS) a recommandé le 19 mars la reprise «sans délai» de la vaccination en France mais pour les plus de 55 ans seulement. Pour les personnes de moins de 55 ans ayant déjà reçu une première dose, une recommandation sera faite prochainement. L’Agence du médicament (ANSM) a confirmé vendredi 26 mars l’existence d’un risque «rare» de thrombose atypique associé au vaccin d’AstraZeneca mais souligne que la balance bénéfice/risque restait «favorable».

Dans cet article régulièrement mis à jour, Le Figaro vous propose un point complet sur les vaccins et sur la campagne de vaccination en France :

  1. Où en est la campagne de vaccination?
  2. Qui peut se faire vacciner et quand ?
  3. Pfizer, Moderna, AstraZeneca… Quels sont les vaccins disponibles contre le Covid-19?
  4. ARN messager, vecteur viral, virus attenué… Quels types de vaccin?
  5. Pourquoi se faire vacciner?
  6. Doit-on craindre des effets secondaires?

1. Où en est la campagne de vaccination?

Un vaccinodrome a été installé dans le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. GONZALO FUENTES / REUTERS

En France. Au 29 mars 2021, 8.004.958 personnes (11,85% des Français) parmi les publics prioritaires ont reçu une première dose de vaccin en France, selon le site CovidTracker. 2.709.292 d’entre eux ont bénéficié des deux injections nécessaires et sont donc vaccinés. Le gouvernement prévoit que mi-avril 10 millions de personnes auront reçu une première dose. À la fin du mois d’août, selon le gouvernement, tous les Français qui le souhaitent seront vaccinés.

Dans le monde. Rapporté à la taille de la population, c’est Israël qui mène de très loin la course à la vaccination selon les données d’Our world in data. Le pays est cependant devancé par les Seychelles. L’archipel qui a engagé une vaccination massive afin de rouvrir au plus vite ses frontières aux touristes, est proche de l’immunité collective. Le Royaume-Uni, en troisième position pour l’injection de la première dose, est à la traîne sur la seconde injection.

2. Qui peut se faire vacciner et quand ?

La campagne de vaccination a démarré à la fin du mois de décembre 2020. BENOIT TESSIER / REUTERS

Comment ça se passe ? La vaccination contre le Covid-19 se fait en deux temps : une première injection intramusculaire dans le bras, suivi d’une seconde après un délai de trois à quatre semaines et jusqu’à douze semaines pour le vaccin d’AstraZeneca.

• À la fin du mois de décembre 2020 la France a entamé sa campagne de vaccination. Après les résidents des Ehpad vaccinés en priorité, le personnel des établissements accueillant les personnes âges, les soignants et les pompiers de plus de 50 ans ou fragiles ont pu bénéficier du vaccin. À partir du 18 janvier, les personnes âgées de plus de 75 ans mais également les personnes « présentant une des pathologies conduisant à un très haut risque de forme grave de la maladie » (insuffisance rénale chronique sévère, personnes transplantées d’organe, atteintes de trisomie 21, de cancers avancés….), quel que soit leur âge ont eu la possibilité de se faire vacciner sur rendez-vous dans l’un des centres de vaccination ouverts sur l’ensemble du territoire. Depuis le 27 mars, la vaccination est ouverte aux personnes âgées de 70 à 74 ans sans comorbidité.

L’inscription se fait via le numéro national 0800 009 110 ou en appelant directement un centre de vaccination référencé sur sante.fr. Ou en utilisant les plateformes de prise de rendez-vous médical en ligne – Doctolib, Maiia et Keldoc. Plus de précisions dans notre article.

Les personnes âgées de 55 à 74 ans atteintes d’affections longue durée (diabète, asthme, insuffisance respiratoire, etc.) ou d’obésité (IMC une injection chez leur pharmacien sans prescription médicale. Le rendez-vous peut être pris sur place ou sur le site Covid-pharma en ligne depuis le 8 mars.

• À partir de la mi-avril, la vaccination sera ouverte à tous les Français âgés de 60 à 69 ans et ne présentant pas de pathologie particulière, a annoncé le président de la République le 31 mars. Ce sera ensuite au tour des 50-59 ans à la mi-mai.

• Enfin le reste de la population majeure pourra se faire vacciner à partir de la mi-juin.

Les enfants et adolescents ne sont pour le moment pas concernés par la vaccination contre le Covid-19 mais la question fait débat dans la communauté scientifique. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni l’envisagent. Pfizer/BioNtech annonce une efficacité de 100% de son vaccin pour les 12-15 ans.

Faut-il se vacciner si on a déjà eu le Covid ? Selon la Haute autorité de santé, il n’y a pas lieu de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà développé une forme symptomatique du Covid-19. Elles peuvent toutefois en bénéficier avec l’accord de leur médecin et après un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes et un délai de 6 mois recommandé. Dans son dernier avis publié le 12 février 2021, la HAS préconise dans ces cas-là l’utilisation d’une seule dose de vaccin.

À VOIR AUSSI – Emmanuel Macron assure un vaccin à « tous les Français qui le souhaitent » d’ici la « fin de l’été »

3. Pfizer, Moderna, AstraZeneca… Quels sont les vaccins disponibles contre le Covid-19?

Le vaccin d’AstraZeneca se conserve dans un réfrigérateur ordinaire. JOE GIDDENS / AFP

L’OMS recense plus de 60 candidats vaccins contre le SARS-CoV-2 en phase d’essais cliniques chez l’homme à travers le monde.

En Europe, quatre vaccins ont pour le moment été autorisés par la Commission européenne après avis favorable de l’Agence européenne du médicament (EMA). Celui du germano-américain Pfizer/BioNTech le 21 décembre, celui de l’américain Moderna le 6 janvier. Un troisième vaccin, celui du suédo-britannique Astra-Zeneca/Oxford a été approuvé le 29 janvier par l’EMA. Enfin le vaccin de l’américain Johnson & Johnson mis au point par sa filiale Janssen a été approuvé le 11 mars en Europe. Ils ont, dans la foulée, obtenu de la Haute Autorité de Santé l’autorisation de mise sur le marché français.

Le vaccin allemand CureVac n’a pas encore été soumis à l’EMA et le seul vaccin français, développé par Sanofi et GSK, ne serait disponible qu’au dernier trimestre 2021.

Au total, l’Union européenne a conclu six contrats avec Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Sanofi, CureVac, pour un total de 2,5 milliards de doses. Des négociations sont en cours avec Valneva et Novavax. De quoi vacciner l’ensemble de la population européenne.

La France dispose de 15 % des précommandes européennes de vaccins, soit à terme plus de 200 millions de doses selon le ministère de la Santé. Jusqu’à présent, la France dispose de plus de 12 millions de doses de vaccin anti-Covid.

4. ARN messager, vecteur viral, virus atténué… Quels types de vaccin?

Les vaccins développés contre le coronavirus SARS-CoV-2 utilisent différentes techniques.

Les vaccins à ARN messager (ARNm) : Ce sont ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna et CureVac. Pour les deux premiers déjà commercialisés, le taux d’efficacité annoncé est de 95 et 94 %. Cette technologie très récente utilise des fragments d’ARN du virus qui, une fois dans les cellules de l’organisme, vont leur faire fabriquer des protéines virales qui vont déclencher la réaction immunitaire. Cet ARN est ensuite rapidement éliminé par l’organisme et ne pénètre jamais dans le noyau de la cellule et n’a aucune action sur le génome, précise le ministère de la Santé. L’inconvénient ? Ils ne peuvent être stockés à long terme qu’à très basse température (-70° Celsius pour le premier, -20°C pour le second).

Les « vaccins à virus inactivé » et les « vaccins à virus vivant atténué » : C’est la méthode la plus courante déjà utilisée pour la grippe, la rubéole ou la rougeole et développée contre le Covid-19 par les chinois Sinovac et Sinopharm. Ces vaccins reposent sur une injection du virus entier préalablement rendu inoffensif afin de déclencher une réponse immunitaire en cas d’infection.

Les vaccins à « vecteur viral non réplicatif » : Ce sont ceux d’AstraZeneca et Johnson & Johnson. Un virus inoffensif est utilisé pour transporter le matériel génétique du coronavirus, fabriquant la protéine qui enclenchera une réponse immunitaire. Si des doutes subsistent sur le taux d’efficacité du vaccin d’AstraZeneca, il présente l’avantage d’être conservé à la température d’un réfrigérateur, soit entre deux et huit degrés Celsius.

Le vaccin développé par Sanofi Pasteur avec l’anglais GSK est basé sur la méthode de protéine recombinante. On ne présente pas le virus en entier, mais des fragments de son enveloppe ou son enveloppe vidée du virus. Les vaccins contre l’hépatite B ou le papillomavirus sont fabriqués selon cette méthode.

5. Pourquoi se faire vacciner?

La vaccination contre le Covid-19, qui est gratuite en France, n’est pas obligatoire. L’objectif de la campagne déterminé par le ministère de la Santé est de faire baisser le nombre des formes graves de COVID-19. Le second objectif plus incertain est de réduire le risque de transmission du virus d’une personne à l’autre. Or, si le vaccin protège d’une infection « profonde », le virus peut éventuellement être transmis, sans provoquer de symptôme autre qu’un léger rhume. La contagiosité sera donc plus faible mais pas éliminée. Le respect des gestes barrières reste donc de mise en attendant une immunité collective qui ne serait pas atteignable en 2021 selon l’OMS. Si l’Europe réfléchit à la mise en place d’un passeport sanitaire pour sauver la saison touristique, le gouvernement français a écarté cette piste et réfléchit à un pass sanitaire qui pourrait également intégrer des résultats de tests.

Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et Franceinfo, une majorité de Français (61 %) souhaite désormais se faire protéger contre le Covid-19. Ils étaient 42 % avant Noël et le début de la campagne de vaccination.

6. Doit-on craindre des effets secondaires?

Les effets secondaires associés aux vaccins anti Covid autorisés en France sont principalement légers à modérés : des douleurs au point d’entrée de l’injection, frissons, fièvres ou maux de tête. De rares cas de réactions allergiques graves ont cependant été signalés lors des essais cliniques et des premières semaines de vaccination. Seulement une personne sur 100.000 en ce qui concerne le vaccin Pfizer/BioNTech selon les autorités sanitaires américaines. Si le rapport bénéfice/risque n’est pas remis en cause pour la population générale, la Haute Autorité de santé a donc décidé de ne pas recommander la vaccination « aux personnes ayant présenté des manifestations allergiques graves comme des réactions anaphylactiques ». Le vaccin est bien sûr contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à la substance active ou à l’un de ses excipients.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en place un dispositif spécifique de surveillance renforcée des effets indésirables des vaccins anti-Covid-19 sur le territoire français. Sur signalement-sante.gouv.fr, les professionnels de santé et les usagers peuvent signaler tout effet indésirable à la suite d’une vaccination. Selon son dernier point de situation du 26 mars, 10.963 cas d’effets indésirables ont été analysés pour le vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech. La majorité sont non graves et plus fréquents après l’injection de la deuxième dose. 458 cas d’effets indésirables ont été analysés pour le vaccin Moderna. Enfin, depuis le démarrage de la vaccination des personnels de santé le 6 février avec le vaccin AstraZeneca, 5683 cas d’effets indésirables ont été analysés. La grande majorité de ces cas concerne des syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité. En France, 29 cas de thromboses on été analysés dont 9 cas atypiques dont 2 décès. L’ANSM confirme le risque de thrombose atypique associé au vaccin d’AstraZeneca.

À VOIR AUSSI – Quels sont les effets secondaires des vaccins contre le Covid-19 ?

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