Vaccination Covid-19 : rendez-vous, calendrier, différence Pfizer et Moderna, effets secondaires…


TOUT SAVOIR SUR LES VACCINS – L’objectif du million de personnes vaccinées à la fin du mois en France devrait être largement dépassé mais l’Europe s’inquiète des retards de livraison de Pfizer.

Après avoir été vivement critiqué pour un démarrage poussif de la campagne de vaccination, le gouvernement français a mis le turbo. Depuis le 18 janvier, les personnes de plus de 75 ans et celles présentant des pathologies susceptibles d’entraîner des formes graves du Covid-19 ont la possibilité de recevoir une première dose de vaccin. Elles ne seront pas pour autant toutes vaccinées aussi rapidement qu’elles le souhaitent. La campagne se heurte au nombre limité de doses de vaccins disponibles. Une situation qui provoque des fermetures et reports dans les centres de vaccination et suscite l’incompréhension.

«Tout le monde ne peut pas être vacciné en un jour ou une semaine, non pas parce que la logistique ne suivrait pas, mais parce que l’enjeu c’est d’avoir suffisamment de doses pour vacciner tous les Français», répond le ministre de la Santé qui maintient toutefois un objectif de plus d’un million de Français vaccinés à la fin du mois.

La Commission européenne a appelé le 19 janvier les 27 pays à «accélérer» le rythme des vaccinations pour protéger 70% des adultes d’ici fin août et 80% des professionnels de la santé et des plus de 80 ans d’ici mars. Mais de nombreux pays européens sont contraints de ralentir leur campagne de vaccination après les retards de livraison annoncés par le laboratoire Pfizer la semaine dernière. Certains États membres, comme la Belgique ou l’Italie, se sont retrouvés en début de semaine, avec 35 à 40 % de doses de moins en moyenne.

Dans cet article régulièrement mis à jour, Le Figaro vous propose un point complet sur les vaccins et sur la campagne de vaccination en France:

  1. Où en est la campagne de vaccination?
  2. Qui peut se faire vacciner et quand ?
  3. Pfizer, Moderna, AstraZeneca… Quels sont les vaccins disponibles contre le Covid-19?
  4. ARN messager, vecteur viral, virus attenué… Quels types de vaccin?
  5. Pourquoi se faire vacciner?
  6. Doit-on craindre des effets secondaires?

1. Où en est la campagne de vaccination?

Les soignants de plus de 50 ans ont pu se faire vacciner, ici dans un gymnase de Taverny en Ile-de-France. BENOIT TESSIER / REUTERS

En France. Après un démarrage très en douceur, la campagne de vaccination entamée en France le 28 décembre s’est accélérée ces derniers jours. Au 21 janvier 2021, 823 567 personnes parmi les publics prioritaires ont reçu une première dose de vaccin en France selon le site VaccinTracker. La France, qui était loin derrière ses voisins européens en nombre de vaccinations par rapport à la population, rattrape son retard même si elle reste dans la queue du peloton. Le gouvernement vise la vaccination de plus d’un million de personnes à la fin du mois de janvier. Selon le ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt, la campagne de vaccination coûtera au moins 4,3 milliards d’euros à l’État.

Dans le monde. Rapporté à la taille de la population, c’est Israël qui mène de très loin la course à la vaccination devant les Émirats arabes unis et l’État du Bahreïn. D’une manière générale, hormis quelques exceptions comme Israël, le pourcentage de population vaccinée reste très faible partout dans le monde.

Israël domine le classement des pays les plus avancés dans la vaccination. Le Figaro

Les pays européens pointent la responsabilité de la Commission européenne accusée d’avoir été frileuse dans ses commandes de doses de vaccin. «Nous avons commandé tout ce qui pouvait l’être», assure pourtant la négociatrice européenne auprès des laboratoires. Au total, l’Union a conclu sept contrats – avec Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Sanofi, CureVac et dernièrement Valneva – pour un total de 2,5 milliards de doses. Et un huitième accord (avec Novavax) est en bonne voie. De quoi vacciner l’ensemble de la population européenne.

2. Qui peut se faire vacciner et quand ?

La campagne de vaccination suivra un calendrier en trois phases. BENOIT TESSIER / REUTERS

Comment ça se passe? La vaccination contre le Covid-19 se fait en deux temps: une première injection intramusculaire dans le bras, suivi d’une seconde après un délai de trois à six semaines.

Jusqu’à la fin du mois de janvier, la France est dans la première phase de la campagne de vaccination. Après les résidents des Ehpad vaccinés en priorité, le personnel des établissements accueillant les personnes âges, les soignants et les pompiers de plus de 50 ans ou fragiles peuvent bénéficier du vaccin. À partir du 18 janvier, les personnes âgées de plus de 75 ans mais également les personnes «présentant une des pathologies conduisant à un très haut risque de forme grave de la maladie» (insuffisance rénale chronique sévère, personnes transplantées d’organe, atteintes de trisomie 21, de cancers avancés….), quel que soit leur âge ont la possibilité de se faire vacciner sur rendez-vous dans l’un des centres de vaccination ouverts sur l’ensemble du territoire. Cela concerne potentiellement 6,4 millions de personnes.

L’inscription se fait via via le numéro national 0800 009 110 ou en appelant directement un centre de vaccination référencé sur sante.fr. Ou en utilisant les plateformes de prise de rendez-vous médical en ligne – Doctolib, Maiia et Keldoc. Plus de précisions dans notre article:

En février, la deuxième phase de la campagne de vaccination (14 millions de personnes) s’adressera aux Français et Françaises âgés de plus de 65 à 74 ans vivant à domicile.

• Enfin au 3e trimestre 2021, la troisième phase élargit la vaccination tout d’abord aux personnes de plus de 50 ans puis aux professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays, aux personnes vulnérables et précaires et enfin au reste de la population majeure. Les enfants et adolescents ne sont donc pas concernés par la vaccination au Covid-19.

Faut-il se vacciner si on a déjà eu le Covid? Selon la Haute autorité de santé, il n’y a pas lieu de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà développé une forme symptomatique du Covid-19. Elles peuvent toutefois en bénéficier avec l’accord de leur médecin et après un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes.

3. Pfizer, Moderna, AstraZeneca… Quels sont les vaccins disponibles contre le Covid-19?

Le vaccin d’AstraZeneca se conserve dans un réfrigérateur ordinaire. JOE GIDDENS / AFP

L’OMS recense à ce jour 63 candidats vaccins contre le SARS-CoV-2 en phase d’essais cliniques chez l’homme à travers le monde. Parmi eux, 15 ont déjà atteint la phase 3, où l’efficacité du vaccin est mesurée à grande échelle.

En Europe, deux vaccins ont pour le moment été autorisés par la Commission européenne après avis favorable de l’Agence européenne du médicament (EMA). Celui du germano-américain Pfizer/BioNTech le 21 décembre et celui de l’américain Moderna le 6 janvier. Ils ont, dans la foulée, obtenu de la Haute Autorité de Santé l’autorisation de mise sur le marché français.

Deux autres vaccins sont en cours d’évaluation par l’EMA : le britannique AstraZeneca/Oxford – qui pourrait recevoir son autorisation le 29 janvier — et l’américain Johnson & Johnson/Janssen. Le vaccin allemand CureVac n’a pas encore été soumis à l’EMA et le seul vaccin français, développé par Sanofi Pasteur et GSK, ne serait disponible qu’au dernier trimestre 2021.

La France dispose de 15% des précommandes européennes de vaccins, soit à terme plus de 200 millions de doses selon le ministère de la Santé. Jusqu’à présent, la France dispose d’environ un million de doses du vaccin Pfizer/BioNTech et devrait en recevoir 500.000 nouvelles par semaine, puis un million par semaine à partir de mars. D’ici au mois de juin, 26 millions de doses de ce vaccin seront reçues, et jusqu’à 49 millions de doses au total. Seules 7 millions de doses du vaccin Moderna devraient être reçues au cours des six prochains mois.

4. ARN messager, vecteur viral, virus attenué… Quels types de vaccin?

Les vaccins développés contre le coronavirus SARS-CoV-2 utilisent différentes techniques.

Les vaccins à ARN messager (ARNm): Ce sont ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna et CureVac. Pour les deux premiers déjà commercialisés, le taux d’efficacité annoncé est de 95 et 94%. Cette technologie très récente utilise des fragments d’ARN du virus qui, une fois dans les cellules de l’organisme, vont leur faire fabriquer des protéines virales qui vont déclencher la réaction immunitaire. Cet ARN est ensuite rapidement éliminé par l’organisme et ne pénètre jamais dans le noyau de la cellule et n’a aucune action sur le génome, précise le ministère de la Santé. L’inconvénient? Ils ne peuvent être stockés à long terme qu’à très basse température (-70° Celsius pour le premier, -20°C pour le second).

Les «vaccins à virus inactivé» et les «vaccins à virus vivant atténué»: C’est la méthode la plus courante déjà utilisée pour la grippe, la rubéole ou la rougeole et développée contre le Covid-19 par les chinois Sinovac et Sinopharm. Ces vaccins reposent sur une injection du virus entier préalablement rendu inoffensif afin de déclencher une réponse immunitaire en cas d’infection.

Les vaccins à «vecteur viral non réplicatif»: Ce sont ceux d’AstraZeneca et Janssen. Un virus inoffensif est utilisé pour transporter le matériel génétique du coronavirus, fabriquant la protéine qui enclenchera une réponse immunitaire. Si des doutes subsistent sur le taux d’efficacité du vaccin d’AstraZeneca déjà déployé au Royaume-Uni, il présente l’avantage d’être conservé à la température d’un réfrigérateur, soit entre deux et huit degrés Celsius.

Le vaccin développé par Sanofi Pasteur avec l’anglais GSK est basé sur la méthode de protéine recombinante. On ne présente pas le virus en entier, mais des fragments de son enveloppe ou son enveloppe vidée du virus. Les vaccins contre l’hépatite B ou le papillomavirus sont fabriqués selon cette méthode.

5. Pourquoi se faire vacciner?

La vaccination contre le Covid-19, qui est gratuite en France, n’est pas obligatoire. L’objectif de la campagne déterminé par le ministère de la Santé est de faire baisser le nombre des formes graves de COVID-19. Le second objectif plus incertain est de réduire le risque de transmission du virus d’une personne à l’autre. Or, si le vaccin protège d’une infection «profonde», le virus peut éventuellement être transmis, sans provoquer de symptôme autre qu’un léger rhume. La contagiosité sera donc plus faible mais pas éliminée. Le respect des gestes barrières reste donc de mise en attendant une immunité collective qui ne serait pas atteignable en 2021 selon l’OMS. Le gouvernement a pour le moment écarté le principe d’un «passeport vaccinal» qui autoriserait les personnes vaccinées à accéder à certains services ou lieux.

Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et Franceinfo, une majorité de Français (56 %) souhaite désormais se faire protéger contre le Covid-19. Ils étaient 42% avant Noël et le début de la campagne de vaccination.

6. Doit-on craindre des effets secondaires?

Les effets secondaires associés aux vaccins anti Covid autorisés en France sont principalement légers à modérés: des douleurs au point d’entrée de l’injection, frissons, fièvres ou maux de tête. De rares cas de réactions allergiques graves ont cependant été signalés lors des essais cliniques et des premières semaines de vaccination. Seulement une personne sur 100.000 en ce qui concerne le vaccin Pfizer/BioNTech selon les autorités sanitaires américaines. Si le rapport bénéfice/risque n’est pas remis en cause pour la population générale, la Haute Autorité de santé a donc décidé de ne pas recommander la vaccination«aux personnes ayant présenté des manifestations allergiques graves comme des réactions anaphylactiques». Le vaccin est bien sûr contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à la substance active ou à l’un de ses excipients.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en place un dispositif spécifique de surveillance renforcée des effets indésirables des vaccins anti-Covid-19 sur le territoire français. Sur signalement-sante.gouv.fr, les professionnels de santé et les usagers peuvent signaler tout effet indésirable à la suite d’une vaccination. Selon son dernier rapport du 19 janvier, «depuis le début de la vaccination, 139 cas d’effets indésirables ont été déclarés avec le vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech, dont une vingtaine d’effets indésirables graves.[…] Parmi ces déclarations, 5 cas de décès ont été rapportés. Il s’agissait de personnes âgées résidant en EHPAD ou en résidence vieillesse qui présentaient toutes des maladies chroniques et des traitements lourds. Au regard des éléments dont nous disposons à ce jour, rien ne permet de conclure que les décès rapportés sont liés à la vaccination.»

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